Je voudrais ajouter un commentaire à l'article du Petit Tram de JUIN-JUILLET 2011 intitulé « Une délégation ittroise visite le parc éolien de Perwez ».
Je suis partisan de l'installation d'éoliennes là où le relief et le vent le permettent. Mon but n'est pas de vous donner mon avis sur les nuisances éventuelles car cet avis serait personnel et subjectif. Par contre vous vous attendez (et vous avez raison) à ce que votre TV ou votre lampe s'allume et votre machine à laver démarre lorsque vous poussez sur l'interrupteur. Donc les producteurs d'électricité doivent à tout moment être capables de fournir l'électricité dont a besoin le pays. Et là il y a, avec les éoliennes, une difficulté dont on ne parle pas au grand public.
Je voudrais vous informer au sujet d'un argument que je considère comme de la désinformation de la part de la plupart des partisans de l'énergie éolienne. L'argument qui dit que si on installe une éolienne d'une puissance donnée, autant de centaines d'habitants seront alimentés en électricité et en énergie verte en plus, est faux.
Il faut savoir qu'une éolienne est incapable de fournir une énergie constante comme peut le faire une centrale qu'elle soit nucléaire ou à vapeur (au charbon, fuel ou gaz). Si le vent est trop faible, elle ne tourne pas et ne fournit rien ; si le vent est trop fort elle ne tourne pas (par sécurité) et ne fournit rien non plus. Si la vitesse du vent est comprise entre ces deux limites elle tourne plus ou moins vite et fournit plus ou moins d'électricité. Il y n'a qu'une plage de vitesse de vent où elle fournit sa puissance nominale d'électricité. Comme l'électricité ne se stocke pas, un client qui serait alimenté seulement par une éolienne ne serait pas satisfait car il serait sans courant par moment et avec une puissance limitée la plupart du temps. Pour le parc de Perwez, si on divise la puissance électrique fournie sur une année par la puissance installée on constate qu'il ne fournit de l'électricité que pendant 25% de l'année (ce chiffre de 25 % pour Perwez varie suivant la situation géographique de chaque parc en fonction des vents).
Le fournisseur d'électricité s'engage à alimenter ses clients toute l'année quelles que soient les conditions atmosphériques et notamment la vitesse du vent. Or lorsque ces conditions défavorables de vent arrivent, ce n'est pas seulement une éolienne qui ne tourne pas mais toutes les éoliennes d'une région et parfois du pays. Ces producteurs doivent donc disposer de centrales à vapeur qui fournissent de l'énergie lorsque les éoliennes n'en fournissent pas ou trop peu et donc en fonction du vent.
Si on considère seulement le point de vue de la pollution et des gaz à effet de serre, il est donc faux de dire que les éoliennes fournissent une énergie verte sans plus. Elles en fournissent une partie du temps seulement (25% à Perwez) et le reste du temps (75% pour Perwez) ce sont des centrales à vapeur et donc polluantes qui produisent l'électricité nécessaire.
Si on considère en outre le facteur économique et de sécurité d'approvisionnement, il est facile de comprendre qu'il faut des heures pour transformer des tonnes d'eau en vapeur dans la chaudières de ces centrales à vapeur pour les démarrer alors que les variations de vents peuvent être très rapides. Dès lors ces centrales sont très coûteuses si elles sont arrêtées et redémarrées souvent. C'est une des raisons pour lesquelles l'énergie produite par les éoliennes revient finalement plus cher que d'autres sources thermiques alors que le vent est gratuit.
Il faut aussi comparer les puissances en jeu : les centrales nucléaires en Belgique ont une puissance nominale de plus de 6.000 MW alors qu'une éolienne moderne a une puissance nominale de 6 MW. Il faudra encore beaucoup de temps pour pouvoir se passer du nucléaire en le remplaçant par de l'énergie renouvelable. Je suis limité ici par la place et donc ce texte simplifie les choses.
Si vous souhaitez un échange d'avis ou si vous avez des questions à poser, envoyez-moi un mail à « lienart.pierre@skynet.be » Pierre Lienart Pensionné de Laborelec (du groupe Electrabel) : analyse des incidents des centrales et réseaux pour une alimentation fiable des clients en énergie électrique.
Lu dans le Pt-Tram de Septembre 2011 – Centre culturel de Ittre : C.L.I
Related posts: